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Behind the Numbers: The PRB blog on population, health, and the environment

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Un voyage au Mali, partie 4: La famille Malienne en milieu urbain: Un programme immense de bourses scolaires

par Pietronella van den Oever, PRB fellow

D’habitude, presque tous les taxis à Bamako sont en très mauvais état et risquent de tomber en panne à n’importe quel moment. Je me trouve dans un de ces taxis quand je demande au taximan, Souleymane Togola, s’il économise des petites sommes pour pouvoir remplacer son véhicule un jour. (C’est une question typiquement Européenne ou Américaine, bien sur!). Il me répond que ce n’est pas possible qu’il mette de l’argent de coté\, étant donné que chaque franc qu’il gagne est dépensé pour entretenir sa famille. La « famille » étant sa femme, ses trois enfants, et quatre étudiants, membres de sa grande famille, qui sont venus à Bamako pour compléter les dernières années du second cycle d’enseignement, étant donnée que cette possibilité n’existe pas dans leurs lieus d’origine. Souleymane s’occupe des besoins de ces quatre étudiants, à savoir la nourriture, le logement et le transport, et, si besoin en est, leur scolarité, fournitures d’école et monnaie de poche. A présent, les familles d’origine de ces étudiants contribuent très peu à l’entretien de leurs étudiants. La femme de Souleymane fait la transformation de la pate d’arachide, qu’elle vend au marché local pour supplémenter les revenus familiaux. Souleymane espere qu’un jour les étudiants se rappelleront de lui lorsqu’ils auront terminé leurs études, et auront trouvé du travail bien payant, et q’ils contribueront à l’achat d’un nouveau taxi. 

Lamine Mariko, le chauffeur et propriétaire d’un Toyota Land Cruiser 4X4, qui me conduit pendant la semaine quand je pars dans des villages difficilement accessibles, me raconte la même histoire. Pourtant, il a de la chance; à part sa femme et ses trois enfants, il n’y a que deux étudiants chez lui. Et la fille étudiante a un petit ami avec lequel elle s’est fiancée tout récemment. Depuis lors c’est la famille du fiancé qui s’occupe de la plupart des dépenses de la fille. 

Un ami qui travaille à la Banque Mondiale à Bamako confirme la même histoire, mais à une plus grande échelle. Etant cadre d’une organisation internationale, il est considéré par son cercle social comme un homme immensément riche.

Cette perception se répercute sur le nombre de personnes qui sont envoyés chez lui, en particulier des ressortissants de sa région et de son clan d’origine. Il m’a raconté qu’à un moment donné il y avait 40 personnes qui vivaient dans sa maison, presque tous des étudiants. Parmi les 40, 12 personnes appartenaient à sa propre petite famille. Les 28( !) autres étaient plus ou moins liés par des liens de parenté ou ethniques. A la question pourquoi il acceptait cette situation, il m’a expliqué qu’il repayait une dette, étant donne qu’il avait bénéficié de ce même système de solidarité familiale lorsqu’il était étudiant lui-même. 

J’ai rencontré ce système de « bourse scolaire » informel dans chaque famille Malienne urbaine que j’ai visité, sans exception, et c’est particulièrement répandu à Bamako, la capitale, ou presque toutes les institutions d’éducation supérieure sont concentrées. La question qui se pose est la suivante : « Est-ce que ce système va durer ? » Ma réponse à cette question serait un « non » sans équivoque, pour plusieurs raisons. Premièrement, la population Malienne a à peu près triplé depuis la dernière génération. Par conséquence, le nombre d’étudiants potentiels est de loin supérieur à présent. Deuxièmement, la proportion des enfants qui fréquentent l’école a beaucoup augmenté ces dernières années. Si bien que le nombre absolu d’étudiants est le quadruple ou bien le quintuple de ce qu’il n’était il y a 25 ou 30 ans. Alors qu’il serait possible d’héberger et s’occuper de trois ou quatre étudiants, il devient beaucoup plus difficile, voire impossible, de s’occuper de 10 ou plus. En plus, l’érosion de la solidarité familiale et de l’affiliation ethnique qui accompagnent l’urbanisation, encourageront davantage les familles urbaines à dire « non » à ce programme informel de bourses scolaires. 

Comment ce système informel de bourses scolaires, qui est indéniablement un important investissement dans le capital humain du pays, sera-t-il remplacé ? C’est une question difficile à répondre. Il me semble qu’il y aura une augmentation du nombre d’institutions scolaires, surtout des écoles secondaires, qui seront installées dans des villages lointains, ce qui permettrait aux étudiants de rester chez eux lorsqu’ils fréquentent l’école. A part cela, pour atteindre un niveau scolaire de qualité et de quantité suffisantes pour gérer une société moderne il faudra des investissements considérables par l’état et les institutions privées.



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